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Nouveau rassemblement au Mali pour réclamer la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta

Les opposants au pouvoir au Mali se sont rassemblés, mardi, à Bamako, pour réclamer à nouveau le départ du président Ibrahim Boubacar Keïta, malgré l’appel de la communauté internationale à privilégier le dialogue.

La colère ne faiblit pas au Mali. Des milliers de personnes ont à nouveau manifesté, mardi 11 août, à Bamako, pour réclamer le départ du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), malgré les appels à trouver une issue négociée à la crise, qui ébranle le pays depuis juin. Les appels au dialogue de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la pluie n’ont pas découragé les opposants, qui se sont rassemblés au son des vuvuzelas place de l’Indépendance, au centre de la capitale malienne.

Deux mois après le début des manifestations, le mot d’ordre reste le même: « Notre objectif est la démission d’IBK et de son régime », selon Issa Kaou Djim, le coordinateur de la plateforme (CMAS) de soutien à l’imam Mahmoud Dicko, figure de proue du mouvement de contestation.

Les pancartes brandies par les manifestants, telle que « IBK dégage », visaient le président au pouvoir depuis 2013, mais aussi son Premier ministre Boubou Cissé, reconduit dans ses fonctions en juin. C’est la première manifestation contre le pouvoir depuis le 21 juillet, date à laquelle l’opposition avait annoncé une trêve à l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd al-Adha.

Des troubles meurtriers

Dix jours plus tôt, une manifestation à l’appel de l’opposition avait dégénéré en un weekend de troubles meurtriers, les plus graves à Bamako depuis le coup d’État de 2012. Ces violences ont exacerbé les tensions dans ce pays meurtri par des années de violences jihadistes et intercommunautaires et frappé par la pandémie de Covid-19.

La crise actuelle, qui fait craindre à la communauté internationale que le Mali s’enfonce dans le chaos, a vu le jour début juin, après l’invalidation d’une trentaine de résultats des législatives de mars-avril par la Cour constitutionnelle, dont les membres ont depuis lors été remplacés.

>> À voir aussi : Le Mali en proie au chaos ?

La contestation est menée par le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), une coalition hétéroclite de chefs religieux, de responsables politiques et de membres de la société civile. Cette alliance, qui peine parfois à s’exprimer d’une seule voix, s’est substituée à une opposition classique rendue atone par l’enlèvement en mars de son chef, Soumaïla Cissé, toujours détenu par de présumés jihadistes. Les manifestants ont réclamé, mardi, sa libération.

L’appel à manifester a été maintenu par le M5 malgré l’appel à la retenue de la Cédéao, qui a prôné la constitution d’un gouvernement d’union nationale — auquel l’opposition refuse jusqu’à présent de participer — tout en excluant un départ forcé du président Keïta.

« Des progrès »

Le principal médiateur de l’organisation ouest-africaine, l’ex-chef d’État nigérian Goodluck Jonathan, est revenu lundi, au Mali. « J’invite les organisateurs des manifestations à faire preuve de retenue. Toute la communauté internationale sait qu’il y a des difficultés au Mali. Nous tentons d’aider le peuple malien à les résoudre », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse, lundi soir.

Goodluck Jonathan a estimé que le pays « enregistrait des progrès » avec « la mise en place de la Cour constitutionnelle », avant d’appeler à « rester strictement dans le cadre du dialogue ».

Alors que la crise politique perdure à Bamako, les violences se poursuivent dans le reste du pays, dont de vastes régions, au centre et dans le nord, échappent au contrôle de l’État malgré la présence de forces de l’ONU, françaises et ouest-africaines.

Le centre du Mali est pris dans un tourbillon de violences depuis l’apparition en 2015 d’un groupe jihadiste dirigé par le prédicateur peul Amadou Koufa, qui a rejoint le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste du Sahel, affiliée à Al-Qaïda, dès sa création en 2017.

Avec AFP

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