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Nous continuons à publier notre réflexion sur le Bipartisme.. Aujourd’hui la 8ème partie…

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Nombreux sont aujourd’hui les politologues qui, à l’instar de Maurice Duverger, poussent l’analyse du bipartisme bien plus loin. Ils situent l’importance du système à une échelle beaucoup plus large qu’il n’y paraît ordinairement.

Celle d’une vision binaire qui imprègne tous les esprits. Un dualisme qui serait à la limite une manifestation fondamentale de l’univers. Songez quelque peu à l’opposition entre le bien et le mal, l’enfer et le paradis, le vrai et le faux, l’ombre et la lumière, le masculin et le féminin[1], le chaud et le froid, le positif et le négatif, la santé et la maladie, le beau et le laid, la vie et la mort ; enfin, pour mettre un terme à cette longue énumération, notons que le phénomène envahissant qui bouleverse l’ordre établi et ébranle tant d’idées établies, l’informatique, repose également sur le système binaire, zéro et un. Or, il est frappant de constater combien ce dualisme symbolisé par le bipartisme est inhérent à la nature profonde de l’être humain lui-même.

Le chiffre 2 semble être à l’homme ce que le chiffre 7 est à l’Islam. L’étude anatomique de l’homme révèle, en effet, que celui-ci a deux yeux, deux oreilles, deux pieds, deux bras, deux narines, etc. C’est dire que tout pousse à croire que le bipartisme procèderait de la nature profonde de l’homme, objet privilégié de la science politique.

Les exemples que nous venons d’énumérer concernent l’homme, sa vie et son action. Toutes choses qui font plus ou moins directement partie de l’objet de la science politique. On peut donc dire que cette vision simpliste du bipartisme convient parfaitement au monde de la politique dans ses rapports aux citoyens qui n’ont pas le temps de s’y consacrer à plein temps et qui, de toute façon, n’y comprennent pas grand-chose dans la pratique actuelle.

Le professeur Maurice Duverger a avancé une idée que de nombreux politologues veulent ériger aujourd’hui au rang d’un principe, voire d’une loi. Et cette « loi » porte logiquement le nom de son initiateur.

Que nous dit-elle? Elle affirme que le scrutin majoritaire uninominal à un tour tend à favoriser un système bipartisan. En d’autres termes, Duverger croit avoir découvert l’existence d’une corrélation entre un système politique et son système électoral.

Selon lui et à partir de ce qui précède, la représentation proportionnelle tend vers un système de partis multiples, rigides, indépendants et stables. En revanche le scrutin majoritaire uninominal à un tour conduit à un système dualiste avec alternance de grands partis ou coalitions indépendants les uns des autres.

Au total, il apparaît clairement que le bipartisme peut présenter de nombreux avantages dans la vie politique contemporaine. Il porte en lui la solution au délicat problème de l’alternance politique au point de rendre la politique sinon plus attrayante du moins plus transparente et plus facilement accessible au plus grand nombre.

En excluant les extrémismes toujours nuisibles de droite et de gauche, le bipartisme garantit la stabilité politique. C’est un système de parti propice aux affaires et donc à un processus de développement socio-économique.

Il offre la liberté de choix aux électeurs, en garantit l’utilité, dissipe les particularismes perturbateurs et prévient tout risque préjudiciable à  la paix et à l’unité nationale. C’est un système propice à une valorisation parcimonieuse de ressources humaines et matérielles limitées.

En conciliant tant bien que mal l’impératif de stabilité avec le souci du respect du choix du citoyen, le bipartisme conduit progressivement vers ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui la « modernisation de la vie politique.»

Mais cette vision idéaliste du bipartisme peut-elle s’appliquer à tous les pays ? Autrement dit, le bipartisme peut-il prétendre à une vocation universelle? La réponse à cette question pertinente requiert une grande importance.

Pour la construire, nous nous appuierons sur l’étude d’un pays émergent, la République de Guinée, avant d’observer et apprécier ce qui en est dans les pays de vieille tradition démocratique. C’est l’objet que vise la rubrique ci-dessous.

 Le système guinéen des partis

Pendant la période coloniale, la Guinée a connu un pluralisme politique importé. Les résultats obtenus par ce système ne changèrent pas grand-chose dans la vie quotidienne des  Guinéens. Cela paraissait normal ; car la Guinée n’était alors qu’un prolongement « négligeable » de l’empire français.

Les formations politiques et autres étaient par conséquents des reflets insignifiants de ce qui se passait en France métropolitaine. Les idées, les projets et les moyens régulateurs étaient unilatéralement dictés de Paris.

L’accession de la Guinée à l’indépendance, le 2octobre 1958, déclencha une farouche volonté de changement. Les nouveaux responsables politiques guinéens choisirent donc d’unir leurs énergies, leurs savoirs et leurs maigres moyens pour, croyaient-ils de bonne foi, accélérer le développement socio-politique du pays.

Inspiré par le principe « l’union fait la force », leur choix politique se porta sur le monopartisme. Ce système de parti semblait présenter à l’époque des avantages considérables pour la promotion politique, sociale et économique des pays qui venaient à peine de rompre le joug colonial.

Tout d’abord c’est le parti unique qui, pour la plupart, avait plus ou moins conduit lesdits pays à l’indépendance. Et puisqu’on ne change pas une équipe qui gagne, force était de maintenir et de consolider le monopartisme. Cette conception donna lieu à la catégorie de partis uniques préexistants à l’indépendance.

Un très grand nombre de partis rentraient dans ce cas de figure. Aujourd’hui encore, le parti unique n’a toujours pas dit son dernier mot. Même s’il évolue sans cesse en intégrant certains éléments de pluralisme politique. En 2007, par exemple, il est pratiqué par un nombre impressionnant de pays.[2]

 Le cas de la République de Guinée est particulièrement intéressant à cet égard dans la conduite de cette réflexion. En Guinée, en effet, l’expérience des vingt-six années de parti unique, PDG, s’est avérée à bien des égards,  plus décevante qu’utile au développement immédiat du pays.

Les raisons profondes de l’insuccès sont nombreuses et souvent inavouées. Le monopartisme guinéen y est pour une large part. Né d’une fusion non consensuelle, le Parti démocratique de Guinée ne constituait pas dans la réalité l’exact reflet de ses composantes.

Au fil du temps, les partis alliés comme le Bloc Africain de Guinée, BAG, le Mouvement socialiste Africain, MSA, l’Amicale Gilbert Vieillard, etc, formèrent des sous-ensembles non intégrés, mais privés de toute existence officielle et surtout de toute possibilité d’expression.

Cela était en fait un contrepoids interne que le PDG avait du mal à gérer. Ses performances en étaient amoindries d’autant. Il a de ce fait laissé une inqualifiable aversion dans l’esprit des Guinéens, y compris chez ceux qui n’ont pas directement subi la pratique dudit régime.

Nombreux sont aujourd’hui les politologues qui, à l’instar de Maurice Duverger, poussent l’analyse du bipartisme bien plus loin. Ils situent l’importance du système à une échelle beaucoup plus large qu’il n’y paraît ordinairement. Celle d’une vision binaire qui imprègne tous les esprits. Un dualisme qui serait à la limite une manifestation fondamentale de l’univers.

Songez quelque peu à l’opposition entre le bien et le mal, l’enfer et le paradis, le vrai et le faux, l’ombre et la lumière, le masculin et le féminin[1], le chaud et le froid, le positif et le négatif, la santé et la maladie, le beau et le laid, la vie et la mort ; enfin, pour mettre un terme à cette longue énumération, notons que le phénomène envahissant qui bouleverse l’ordre établi et ébranle tant d’idées établies, l’informatique, repose également sur le système binaire, zéro et un.

Or, il est frappant de constater combien ce dualisme symbolisé par le bipartisme est inhérent à la nature profonde de l’être humain lui-même. Le chiffre 2 semble être à l’homme ce que le chiffre 7 est à l’Islam.

L’étude anatomique de l’homme révèle, en effet, que celui-ci a deux yeux, deux oreilles, deux pieds, deux bras, deux narines, etc. C’est dire que tout pousse à croire que le bipartisme procèderait de la nature profonde de l’homme, objet privilégié de la science politique.

Les exemples que nous venons d’énumérer concernent l’homme, sa vie et son action. Toutes choses qui font plus ou moins directement partie de l’objet de la science politique. On peut donc dire que cette vision simpliste du bipartisme convient parfaitement au monde de la politique dans ses rapports aux citoyens qui n’ont pas le temps de s’y consacrer à plein temps et qui, de toute façon, n’y comprennent pas grand-chose dans la pratique actuelle.

Le professeur Maurice Duverger a avancé une idée que de nombreux politologues veulent ériger aujourd’hui au rang d’un principe, voire d’une loi. Et cette « loi » porte logiquement le nom de son initiateur. Que nous dit-elle? Elle affirme que le scrutin majoritaire uninominal à un tour tend à favoriser un système bipartisan.

En d’autres termes, Duverger croit avoir découvert l’existence d’une corrélation entre un système politique et son système électoral. Selon lui et à partir de ce qui précède, la représentation proportionnelle tend vers un système de partis multiples, rigides, indépendants et stables. En revanche le scrutin majoritaire uninominal à un tour conduit à un système dualiste avec alternance de grands partis ou coalitions indépendants les uns des autres.

Au total, il apparaît clairement que le bipartisme peut présenter de nombreux avantages dans la vie politique contemporaine. Il porte en lui la solution au délicat problème de l’alternance politique au point de rendre la politique sinon plus attrayante du moins plus transparente et plus facilement accessible au plus grand nombre.

En excluant les extrémismes toujours nuisibles de droite et de gauche, le bipartisme garantit la stabilité politique. C’est un système de parti propice aux affaires et donc à un processus de développement socio-économique.

Il offre la liberté de choix aux électeurs, en garantit l’utilité, dissipe les particularismes perturbateurs et prévient tout risque préjudiciable à  la paix et à l’unité nationale. C’est un système propice à une valorisation parcimonieuse de ressources humaines et matérielles limitées.

En conciliant tant bien que mal l’impératif de stabilité avec le souci du respect du choix du citoyen, le bipartisme conduit progressivement vers ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui la « modernisation de la vie politique.»

Mais cette vision idéaliste du bipartisme peut-elle s’appliquer à tous les pays ? Autrement dit, le bipartisme peut-il prétendre à une vocation universelle? La réponse à cette question pertinente requiert une grande importance.

Pour la construire, nous nous appuierons sur l’étude d’un pays émergent, la République de Guinée, avant d’observer et apprécier ce qui en est dans les pays de vieille tradition démocratique. C’est l’objet que vise la rubrique ci-dessous.

  1. Le système guinéen des partis

Pendant la période coloniale, la Guinée a connu un pluralisme politique importé. Les résultats obtenus par ce système ne changèrent pas grand-chose dans la vie quotidienne des  Guinéens. Cela paraissait normal ; car la Guinée n’était alors qu’un prolongement « négligeable » de l’empire français.

Les formations politiques et autres étaient par conséquents des reflets insignifiants de ce qui se passait en France métropolitaine. Les idées, les projets et les moyens régulateurs étaient unilatéralement dictés de Paris.

L’accession de la Guinée à l’indépendance, le 2octobre 1958, déclencha une farouche volonté de changement. Les nouveaux responsables politiques guinéens choisirent donc d’unir leurs énergies, leurs savoirs et leurs maigres moyens pour, croyaient-ils de bonne foi, accélérer le développement socio-politique du pays.

Inspiré par le principe « l’union fait la force », leur choix politique se porta sur le monopartisme. Ce système de parti semblait présenter à l’époque des avantages considérables pour la promotion politique, sociale et économique des pays qui venaient à peine de rompre le joug colonial.

Tout d’abord c’est le parti unique qui, pour la plupart, avait plus ou moins conduit lesdits pays à l’indépendance. Et puisqu’on ne change pas une équipe qui gagne, force était de maintenir et de consolider le monopartisme. Cette conception donna lieu à la catégorie de partis uniques préexistants à l’indépendance.

Un très grand nombre de partis rentraient dans ce cas de figure. Aujourd’hui encore, le parti unique n’a toujours pas dit son dernier mot. Même s’il évolue sans cesse en intégrant certains éléments de pluralisme politique. En 2007, par exemple, il est pratiqué par un nombre impressionnant de pays.[2]

 Le cas de la République de Guinée est particulièrement intéressant à cet égard dans la conduite de cette réflexion. En Guinée, en effet, l’expérience des vingt-six années de parti unique, PDG, s’est avérée à bien des égards,  plus décevante qu’utile au développement immédiat du pays.

Les raisons profondes de l’insuccès sont nombreuses et souvent inavouées. Le monopartisme guinéen y est pour une large part. Né d’une fusion non consensuelle, le Parti démocratique de Guinée ne constituait pas dans la réalité l’exact reflet de ses composantes.

Au fil du temps, les partis alliés comme le Bloc Africain de Guinée, BAG, le Mouvement socialiste Africain, MSA, l’Amicale Gilbert Vieillard, etc, formèrent des sous-ensembles non intégrés, mais privés de toute existence officielle et surtout de toute possibilité d’expression.

Cela était en fait un contrepoids interne que le PDG avait du mal à gérer. Ses performances en étaient amoindries d’autant. Il a de ce fait laissé une inqualifiable aversion dans l’esprit des Guinéens, y compris chez ceux qui n’ont pas directement subi la pratique dudit régime.

A suivre

 Djibril Kassomba CAMARA

 

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