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LE BIPARTISME

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Nous continuons la publication du

 Document sur le bipartisme

Aujourd’hui 7ème partie.

 Définition, Origine, Fondements

 Définition du bipartisme

Terme d’origine latine, le bipartisme[1]désigne généralement une situation politique où, en régime démocratique, seulement deux partis sont en mesure d’obtenir la majorité au parlement pour gouverner en alternance.

Pierre Avril et Jean Gicquel le définissent, à leur tour, comme « un mode de gouvernement parlementaire et l’arbitrage des électeurs ». C’est un régime de séparation souple des pouvoirs. Il tend à inciter à la cohésion et à la discipline ; car il exige le contrôle et la concertation des partis politiques. Le bipartisme n’est ni un concept théorique, ni une institution.

C’est un phénomène politique, fruit du scrutin majoritaire à un tour. L’étude de ses fondements historiques et électoraux requiert dès lors une importance particulière. Grosso modo, il y a deux types de bipartisme. Un bipartisme absolu ou « parfait » et un bipartisme élargi ou « imparfait ».

Le premier modèle correspond à l’exemple des Etats-Unis d’Amérique. Il consiste en la représentation de seulement deux partis au Parlement. Les Démocrates et les Républicains en l’occurrence.

Le bipartisme élargi désigne également une situation où seuls deux partis obtiennent des majorités suffisantes pour être à l’initiative des lois. Mais, à l’inverse du cas précédent, des partis minoritaires siègent au Parlement et occupent des mandats limités à un rôle secondaire. L’exemple le plus connu de ce type de système partisan est le modèle britannique avec l’alternance au pouvoir des Travaillistes et des Conservateurs.

Il arrive souvent que le bipartisme génère une très forte ressemblance entre les promesses des partis en compétition. Ceux-ci ne se différencient alors que par le but poursuivi ou par l’orientation idéologique (la gauche et la droite, par exemple).

La différence peut aussi résider dans la marge de liberté laissée aux membres au sein de chaque parti. On parlera alors de bipartisme souple ou de bipartisme rigide. Il arrive enfin que les petits partis fassent alliance avec chacune des deux grandes formations politiques.

Dans ce cas, on parlera volontiers de bipolarisation. C’est cet aspect que l’on observe de plus en plus dans de nombreux pays mêmes développés. Il en est ainsi notamment en France, en Espagne et en Italie pour ne citer que ces exemples bien connus.

Au total, le bipartisme constitue un système politique caractérisé par la domination durable de deux grands partis. Mais quelle est l’origine d’un tel système de partis?

L’Origine du bipartisme

 Nombre d’auteurs considèrent que le bipartisme est né et a pris son essor au Royaume-Uni. A son origine,  il y a ordinairement des raisons historiques et électorales. Mais le système peut aussi résulter du ralliement de petites formations politiques à chacun des deux grands partis. On vient de le dire plus haut. Il convient simplement de souligner que dans ce cas de figure, les objectifs du rassemblement doivent être suffisamment homogènes pour permettre le passage de la bipolarisation au système bipartisan proprement dit.

Le système bipartisan peut également provenir d’une décision gouvernementale inspirée par une situation donnée. Un bipartisme institutionnel. C’est ce qui avait été proposé par le Gouvernement guinéen en 1992. Enfin, le système bipartisan peut être plus ou moins favorisé par un mode de scrutin donné. Il en est ainsi du scrutin majoritaire ou proportionnel par exemple.

En France, dans les préparatifs des élections régionales de 2010, le premier ministre, François Fillon reprenant les propos de Jean-Pierre Raffarin, proposa le scrutin proportionnel à un seul tour. Jean-Pierre Raffarin lui-même avait fait cette proposition dans le but de favoriser davantage l’avènement du bipartisme.

Enfin, on l’a vu, l’affaiblissement des  petits partis de gauche et de droite peut déboucher sur un bipartisme par le jeu des alliances. C’est la tendance qui se profile en France vers un bipartisme qui consacrerait l’UMP et le PS.

Quelle qu’en soit l’origine, le bipartisme semble aujourd’hui bénéficier d’un regain d’intérêt indéniable tant dans les pays émergents que dans les pays de vieille tradition démocratique. Pourquoi en est-il ainsi ? Cette question pertinente oriente directement notre recherche vers l’important problème des fondements du bipartisme. Quels sont-ils ?

 Les fondements du bipartisme

Le recours au système bipartisan peut dépendre de plusieurs considérations. Dans les pays en développement qui sortent souvent d’un monopartisme, le bipartisme apparaît avant tout comme un moindre mal ; un nouveau souffle d’air dans la course vers la culture démocratique. Un juste milieu entre une centralisation excessive et inefficace et le risque d’un éparpillement quasi-anarchique des forces vives et des facteurs de développement du pays considéré.

Le bipartisme est par ailleurs perçu comme un système de parti propice à certaines modalités de scrutin aux élections législative et présidentielle. On dit qu’il est plus approprié au mode de scrutin majoritaire et proportionnel.

C’est donc un système qui tendrait à concilier la stabilité et l’équité dans la représentation des différents partis politiques. Dans ce sens, il peut être considéré comme un système favorable à une représentation plus juste entre les différents partis politiques en compétition. Même si dans les faits l’accès au pouvoir en est rendu plus difficile pour les partis minoritaires.

En cette ère de mondialisation et de mise en cause de la démocratie représentative, nombre de pays pas seulement émergents- tournent un regard attentif et plein d’espoir vers le bipartisme Nombreux sont aujourd’hui ceux qui se demandent si, dans le fond, le bipartisme n’est pas la nouvelle panacée démocratique ? C’est également dans cette perspective que l’on a par exemple pu écrire

« le bipartisme, la belle affaire, la quintessence d’une démocratie moderne et qui pourrait en douter ? L’exemple ne vient-il pas d’authentiques démocraties, les Etats-Unis d’Amérique et la Grande Bretagne ? Réduire au strict minimum le choix de l’électeur, quoi de plus séduisant ! Un choix simple qui n’engage à rien. »[2]

Le bipartisme permet de ne rien changer tout en mobilisant un maximum de monde et en donnant l’impression de tout bouleverser. D’ailleurs, le bien-fondé du système bipartisan déborde largement le cadre restreint de la politique stricto sensu pour se situer sur des terrains insoupçonnés.

A cet égard, il constitue un tremplin entre la théorie et la pratique quotidienne. Il se manifeste par exemple dans le domaine sportif. En effet, sur les terrains de Football, de Basket-ball, de Rugby, de Tennis, de Hockey sur glace, etc. on a souvent à faire à deux équipes.

Dans la plupart des compétitions sportives, artistiques, politiques, on ne retient en définitive, dans la phase finale, que deux compétiteurs. Tous les efforts déployés à grand renfort de publicité et de dépenses considérables sont alors couronnés par l’opposition entre deux équipes qui ont surmonté les différentes phases de déroulement de la compétition.

C’est dire que si, dans une compétition, il y a plusieurs candidats, l’affrontement final, essentiel, celui qui suscite le plus d’intérêt et qui va effectivement influencer l’évolution de la situation,  c’est celui qui se déroule entre les deux compétiteurs restants, et qui désigne le vainqueur. Aucun système politique n’est aussi présent dans la vie active des hommes que le bipartisme.

C’est tellement simple quand on y réfléchit ! Ne parle-t-on pas dans les médias de compétition, de match, de finale, de « fair-play », etc.? Nombreux sont aujourd’hui les politologues qui, à l’instar de Maurice Duverger, poussent l’analyse du bipartisme bien plus loin. Ils situent l’importance du système à une échelle beaucoup plus large qu’il n’y paraît ordinairement. Celle d’une vision binaire qui imprègne tous les esprits. Un dualisme qui serait à la limite une manifestation fondamentale de l’univers.

Songez quelque peu à l’opposition entre le bien et le mal, l’enfer et le paradis, le vrai et le faux, l’ombre et la lumière, le masculin et le féminin[3], le chaud et le froid, le positif et le négatif, la santé et la maladie, le beau et le laid, la vie et la mort ; enfin, pour mettre un terme à cette longue énumération, notons que le phénomène envahissant qui bouleverse l’ordre établi et ébranle tant d’idées établies, l’informatique, repose également sur le système binaire, zéro et un.

Djibril KASSOMBA CAMARA

‘’ A suivre ‘’ —    

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