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TOURISME ET MEMOIRE EN GUINEE

Histoire du Rio PONGO……

On sait que depuis l’antiquité des aventuriers issus des peuples du pourtour méditerranéen sont venus sur les côtes de l’Afrique occidentale pour des raisons diverses. Qui, pour s approvisionner en denrées exotiques comme l es épices, l’or, l’ivoire et souvent le fameux ‘’bois d’ébène’’ qui consacra l’esclavage Outre-Atlantique durant des siècles.

Ces aventuriers venaient pour la plupart du Portugal, d’Espagne, de Grande-Bretagne, de France et dans une moindre mesure d’Allemagne et d’Italie, de la Russie, même si le partage de l’Afrique a eu lieu à YALTA, entre Winston CHURCHILL, BISMARK et STALINE.

C’est ainsi que l’esclavage a précédé la colonisation dans cette partie de l’Afrique, comme nous le verrons dans cette fresque que nous publierons au fur et à mesure dans les prochains numéros de ‘’Guinée-Times-Magazine’’ qui voudrait donner une autre dimension à cette tragédie des Peuples africains, tragédie qui a duré pas moins…. De Quatre Cents ans !

L’Histoire du Rio PONGO en basse-Guinée malgré sa particularité est inséparable de celle du reste de la Guinée. Toutefois on peut la diviser en trois phases principales : La phase des migrations, la phase esclavagiste et celle de la colonisation.

Les Migrations.

Elle commence dès le 15ème Siècle par l’arrivée des tribus peules en Guinée. Ces tribus s’installèrent au FOUTAH. La cohabitation commença à cette date mais elle ne fût pas assez longue car des guerres éclatèrent entre les nouveaux venus, les Bagas et les Soussous qui étaient là depuis…des temps immémoriaux !

 A la suite de ces guerres, les Bagas et les Soussous décidèrent d’émigrer vers le Sud, vers l’Océan, pour s’établir dans les territoires Nalous qui vivaient de la pêche et de l’agriculture.

Dans son livre ’’ La Guinée Française’’ Fernand ROUGER parlant des Bagas, écrit :’’ Il y a trois ou Quatre cents ans, le peuple qui dominait sur toute l’embouchure du Rio Nunez jusqu’aux Scarcies vers la Sierra-Léone actuelle, était les Mandényis aujourd’hui dispersés.

C’est ainsi que les Bagas-forès émigrèrent vers la côte, venant du Foutah-djallon en suivant le cours de la Fatala. Refoulés par les Mandényis ils replièrent vers les montagnes du Cap-Verga, où un groupe se fixa, tandis que les autres se réfugiaient dans les marécages du bas-Nunez et du bas-Compony.

Aux Bagas-forès, succédèrent les autres branches de la même origine avec les Soussous, tous refoulés du Foutah à la suite de guerres tribales.

C’est ainsi que l’on peut dire que les premiers occupants de cette côte atlantique qui va de Boké à Forécariah seraient les Bagas et les Soussous avec des sous-branches parlant le même dialecte. C’est ainsi que tout le long de la côte vous retrouvez les bagas-Koba de Tatémé, les Bagas-Sitémous et

Mandoris de Boké, Bagas-forès de Monchon, Bagas-kakissa de Sobanet et les Bagas-kalomy de Conakry.

  Les Soussous quant à eux sont issus d’une branche de la famille mandingue à laquelle appartiennent la plupart des tribus soudanaises. Ils ont pénétré en Guinée par le sud du Foutah-djallon avec les Diallonkés, tous chassés de Tombouctou. Un premier groupe se fixa le long du cours du Konkouré occupant le Khabitaye, le Labaya, le Bouramaya ; le Kolissokho et essaima dans le cours inférieur du Rio Pongo.

Le second groupe longea les Scarcies, s’empara du Benna, du Tamisso arrachés aux Mandényis et furent les maîtres incontestés d’une vaste partie de la basse-Guinée au prix de sanglants combats contre les premiers occupants.

LA PHASE ESCLAVAGISTE

C’est cette période qui a marqué d’un sceau indélébile l’Histoire du Rio Pongo, durant Quatre Cents ans. Les Européens de toutes nationalités sont arrivés dans la contrée et installèrent des comptoirs des factoreries et des ….esclaveries en complicité avec les chefs coutumiers. Ils vendaient de la pacotille entre autres des miroirs, des couteaux des aiguilles et souvent des produits et dérivés alcooliques en échange …d’esclaves qui étaient livrés dans des ports négriers concentrés principalement à Farénya, Bangalan, Koundindé, Tintima dont les ruines sont encore visibles de nos jours.

Des esclavagistes qui furent célèbres ont laissés à la postérité de nombreux descendants avec des patronymes qui rappellent qu’ils sont d’ascendance européenne et américaine. On peut citer entre autres les ORMOND, les BICAISE, les LIGHTBURN, les TURPIN, les BENIS, les LAURENCE, FERNANDZ, GOMES. WILKINSON, FABER, COKER, CHAPMAN, KENNEDY, CURTIS, etc… De nombreux Guinéens bon teint portent allègrement ces patronymes de nos jours.

(à suivre)

Samba TOURE

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