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Le dernier bal des vautours….

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Quand Lansana CONTE était arrivé au soir de sa vie, vie terrestre et un pouvoir qu’il a exercé bon an mal an souvent de manières hasardeuses, il ne contrôlait plus rien, tant et si bien que les décrets signés de sa propre main …ne faisaient plus autorité. L’Etat guinéen, plutôt ce qu’il en restait n’existait plus, un clan dispendieux régentait le pays à sa guise et nommait à des postes de responsabilité à l’insu du locataire de ‘’Sékhoutouréya’’, les Guinéens et tous ceux qui étaient dans le pays pourront en témoigner un jour, le temps venu.
On a commencé par brader tous les biens de l’Etat après la disparition du Père de la Nation, l’Homme du 25 Août 1958, le Président Ahmed Sékou TOURE. La soldatesque s’acharna par la suite à déconstruire un héritage moral et matériel impressionnant légué par leurs prédécesseurs, alors qu’il fallait tout juste procéder à des réformes, renforcer les acquis indéniables sans tomber dans les mailles d’un Fonds Monétaire International et d’Organisations Internationales tentaculaires prêtes à caporaliser les Etats les plus faibles.
Alpha CONDE, Siradiou DIALLO, BAH Mamadou, Jean-Marie DORE, et bien d’autres leaders animaient la scène politique nationale, les débats contradictoires servaient de levain à une démocratie plurielle naissante. Le pic était atteint à la suite de l’irruption du capitaine Moussa Dadis CAMARA et de cette nouvelle junte sur la scène politique. Le summum de l’irresponsabilité était atteint, les Guinéens toutes classes confondues se levèrent pour faire barrage. De tous les côtés des organisations se créèrent pour jeter les bases d’une réelle démocratie. Les FORCES VIVES sont nées dans ce contexte et ont abattu un énorme travail puisque la junte a été disqualifié et des élections libres et transparentes ont ramené la paix et la quiétude dans la Cité.
C’est dans cette ambiance que le professeur Alpha CONDE débarque et conquiert le pouvoir dans les règles de l’art. Cette arrivée suscita un immense espoir dans l’opinion nationale et dans la diaspora guinéenne. Alpha CONDE a brigué deux fois le mandat que les Guinéens lui ont confié et nous souhaitons qu’il en soit ainsi. La démocratie guinéenne jusque-là se porte bien, quoi qu’on dise !
Le Professeur Alpha CONDE devient ainsi le premier chef d’Etat démocratiquement élu, selon les nouveaux créneaux.
Il faudrait être de mauvaise foi, pour affirmer que ce régime n’a rien fait de bon. Nous constatons depuis près de dix ans de nombreux changements dans la vie de tous les jours, de nouveaux chantiers sont ouverts, il y a une explosion d’initiatives individuelles et collectives, ce n’est pas une utopie, la Guinée en dix ans a fait un bon qualitatif mais des zones d’ombre incompatibles avec le progrès apparaissent çà et là dans ce décor idyllique que nous venons de dépeindre. L’environnement a pris un sale coup, partout où les mines sont en exploitation. A Boké, des rivières ont disparu, le couvert végétal n’est plus qu’un vague souvenir, ceci aussi bien en basse-Guinée qu’en région des savanes ou des forêts primaires autour du ZIAMA.
Ajouté à cela, la mal gouvernance qui annonce une fin de règne. Des fonctionnaires véreux s’arrogent des pouvoirs et des droits dans une ambiance de totale impunité. Chacun, à qui mieux mieux, comme il y a une bonne dizaine d’années participe au pillage systématique des ressources du pays. La presse, dans son rôle de ‘’chien de garde’’ est, elle même complice de certaines dérives et se complait dans cette situation.
L’actualité nous a habitué à écouter ou à lire toutes ces anomalies dans la presse sans pouvoir y mettre fin et d’accepter finalement le fait accompli !
Quand donc finira le dernier bal des vautours?
S. TOURE

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