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Commémoration du 28 Septembre et du 02 Octobre

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Quand le Président de l’Assemblée Territoriale de la Guinée française proclama l’indépendance le 2 Octobre 1958, Saifoulaye DIALLO compagnon fidèle du leader Ahmed Sékou TOURE, un grand pas du peuple de Guinée venait d’être franchi après soixante années de colonisation de la France.

C’est le 14 Septembre 1958, après le passage du Général de Gaulle le 25 Août, que la consigne du NON a été décidé pour le référendum. Deux semaines auparavant toutes les colonies que la France possédait en Afrique étaient appelées le Dimanche 28 Septembre 1958, à choisir entre la perpétuation de la domination qui chez certains durait plus de cinq cents ans et d’autres comme la Guinée, accusaient tout au plus un demi- siècle de domination !

Des quatorze colonies françaises d’Afrique, seule la Guinée avait choisi le NON et devenait d’office un Etat souverain, indépendant et libre avec tous ses attributs !  C’était sans compter tous les obstacles sur le chemin du nouvel Etat qui sera le 82ème sur la liste comme membre de l’Organisation des Nations-Unies dans le courant d’Octobre 1958 !

Du jour au lendemain la puissance colonisatrice, la France prit cette liberté comme une insulte à sa puissance, un affront qu’il faut corriger et donner une leçon aux dirigeants prétentieux en déstabilisant cette fragile souveraineté. Des documents écrits et sonores l’attestent soixante ans …..après ! Les colons français n’ont jamais digéré le NON que la Guinée a exprimé à la proposition du Général de Gaulle d’une Communauté franco-africaine, nouvelle version de l’Empire Colonial Français. Ce NON qui est devenu le mythe fondateur de la Guinée moderne.

Le mot dignité revenait dans tous les discours des leaders qui ont conduit la Guinée à l’indépendance et ont marqué une page glorieuse dans l’histoire des pays africains, toutes colonies confondues. L’unanimité s’est réellement dégagée en ce jour du 25 Août 1958 quand le leader guinéen s’est exprimé devant le Chef de la France Libre qui avait promis aux colonies qu’à l’issue de la Deuxième Guerre Mondiale, l’indépendance leur serait accordée après avoir servi de chair à canons dans un des conflits les plus meurtriers des temps modernes.

Quand le président Ahmed Sékou TOURE apostropha le Général de Gaulle en déclarant :’’ Nous avons quant à nous, un indispensable besoin, c’est celui de notre dignité or il n’y a pas de dignité sans liberté ; nous préférons la liberté dans la pauvreté, à l’opulence dans l’esclavage !

Le ton était donné, l’histoire de la Guinée s’accéléra, car la guerre froide était prétexte pour les puissances de préserver leur pré-carré. Après son admission au sein des Nations-Unies de nombreuses opportunités s’offrirent à la nouvelle république. L’euphorie de la liberté galvanisa les populations et les dirigeants dans un enthousiasme débordant. Des hommes de bonne volonté accoururent de partout pour soutenir ce courage, c’est ainsi que des hommes illustres comme le couple KI-Zerbo, des hommes de culture et des combattants de la liberté sont venus prêter mains fortes à la Guinée. Les portes du pays s’ouvrirent particulièrement pour des hommes comme Nelson MANDELA, Walter SISSULU, Thabo M’BEKI, des Camerounais Félix MOUMIE, Robert EKwALA, la liste est longue. Le F.L.N. algérien lui-même a bénéficié de l’ouverture et de l’indépendance de la Guinée, quand des volontaires guinéens convoyaient armes et munitions vers les maquis de l’armée de libération nationale en Algérie.

La Guinée et ses dirigeants étaient fiers de cette victoire sur le destin d’un peuple africain qui a ouvert une brèche dans l’Empire colonial français. Deux années plus tard tous les pays francophones d’Afrique occidentale et centrale accédèrent à la souveraineté internationale. Nous étions en pleine guerre froide et les luttes d’influence entre l’Est et le bloc de l’Ouest prenaient forme tant et si bien que les programmes de développement des nouveaux Etats indépendants s’en trouvaient parasités, laissant place à de la propagande politicienne entre les deux blocs.

Imperturbables et convaincus de la justesse de leur voie pour le progrès de la Guinée contre vents et marées les populations et leurs dirigeants ne se sont pas investis que dans la ‘’mamaya’’ et des plans de développement furent élaborés avec le concours d’hommes de bonne volonté accourus dès les premières heures de l’indépendance.

Pendant ce temps, les sbires de l’ancien occupant s’évertuaient à perturber le cours normal de la vie nationale. C’est ainsi que de nombreux soubresauts ont retardé le développement économique et social de la Guinée pendant près d’un quart de siècle. La Guinée,  certes, avait une certaine vitalité dans le fonctionnement de tous les appareils d’Etat mais était confronté à l’hostilité de puissances étrangères qui lui en voulaient d’être la base arrière de nombreux mouvements de libération des dernières colonies portugaises, des combattants de la Liberté d’Azanie, du Sud-Ouest africain, et du géant Sud-africain patrie de l’apartheid, avec à sa tête un certain Pik BOTHA.

La Guinée a payé le prix fort de toutes ses prises de position mais ne regrette nullement ces actes de portée historique qui ont fondé son indépendance et sa fierté.

Aujourd’hui plus qu’hier, 61 ans après le NON au Général de Gaulle la Guinée reste un bastion de la dignité africaine malgré un réel manque de leadership dans sa gouvernance, quand des pays moins nantis qu’elle se préparent à sauter vers …..l’émergence on parle de Troisième mandat !

En l’an 1984, à la disparition des pères fondateurs de ce pays, une junte militaire s’empare du pouvoir pour le plus grand malheur des Guinéens qui en attendaient mieux. Une junte militaire qui brada à tour de bras tous les actifs et tous les avoirs de la République dans une ambiance de ‘’carnaval des vautours’’, alors qu’il fallait tout juste procéder à des réformes structurelles pour réhabiliter des unités industrielles, changer autant que faire se peut une certaine ligne politique en associant la diaspora guinéenne.

Le désordre moral provoqué par cette junte qui était mal préparée à l’exercice du pouvoir, perdure de nos jours dans les plus petits actes de la vie nationale.

Le règne de ‘’l’argent facile’’ a de beaux jours devant l’Eternel, aucune morale, les citoyens Guinéens sont de plus en plus réfractaires à l’ordre et à la discipline. Aucun département n’échappe à ce constat. Prenez le département de la Fonction Publique, ici tout se vend et tout s’achète, du numéro matricule aux frais pour un avancement du fonctionnaire !

A l’école c’est la grande catastrophe. Ici aussi tout se vend et tout s’achète ; Des notes ‘’sexuellement’’ transmissibles aux faux diplômes, tout est à vendre au plus offrant !

En bref, l’Etat guinéen ne contrôle rien, personne ne lui obéit. Les administrations des 33 préfectures sont justes là pour un faire-valoir. Aucun programme préfectoral n’est mené à son terme au grand désespoir des pauvres paysans à 75 pour cent analphabètes.

A 61 ans un humain est dans son Troisième âge, pour un pays cela fait déjà 3 générations qui devraient en principe aspirer au mieux-être, avec des centres de santé performants, des écoles d’excellence pour les plus jeunes, la sécurité tous azimuts une auto-suffisance alimentaire.

Sur le plan politique les voyants sont au rouge, selon nos constats les Etats-majors des partis politiques ne sont que des rassemblements ethniques, au lieu des viviers de débats contradictoires desquels pourraient jaillir des solutions pour le développement du pays. La Société Civile censée combattre la mal-gouvernance reste à la remorque du pouvoir et n’a aucun mordant pour pouvoir changer le cours de certaines dérives. Ainsi va notre pays en cette année qui va succéder à une autre de tous les dangers, au cours de laquelle les nuages s’amoncellent autour de programmes qui n’apporteront rien de valable pour les Guinéens.

L’an 2020 c’est déjà demain. Nous ne souhaitons que comme il y a dix ans, qu’une soldatesque porte les bottes hitlériennes pour écraser encore la volonté de changement des Guinéens

Depuis dix ans aucune volonté politique n’a tranché pour en finir avec l’impunité qui caractérise ce massacre du 28 Septembre 2009, un massacre perpétré par une junte qui n’a apporté que désolation et tristesse aux Guinéens. Nos vœux les plus chers au seuil des 62 ans de la Proclamation de la République, est de demander à toutes les filles et fils de ce beau pays d’œuvrer chacun dans son domaine pour son développement harmonieux  …..

SAMBA TOURE

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