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Le dernier train pour Conakry !

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  Conakry est devenue en l’espace d’un demi-siècle tentaculaire, mal desservie, mal lotie, mal éclairée, tant et si bien que tout est devenu prioritaire et préoccupant. Les transports publics qui sont des gouffres à ‘’faire-valoir’’ n’ont jamais été mené à la satisfaction des populations. Depuis la disparition des ‘’T.U.C.’’, les Transports Urbains de Conakry ont vécu avec une organisation presque parfaite dans sa conception et dans sa gestion, les usagers souffrent le martyr.

Nous avons assisté à la mise en route de nombre de compagnies de transport terrestres qui n’étaient que d’éphémères entreprises au grand désespoir des braves populations de Conakry. La liste est longue. L’Etat gère de manière hasardeuse cette problématique du transport public. Des périodes fastes avec des bus flambant neufs alternent avec des pénuries très prolongées de moyens de transports publics laissant une population se ‘’démerder’’ avec des ‘’magbanas’’ inappropriés pour des transports de personnes dans des conditions que l’on sait !  Comme le disent les censeurs qui nous gouvernent ’’ Gouverner, c’est prévoir’’, dit-on et l’on ne peut constater qu’ils manquent d’esprit de progrès dans la gouvernance économique des transports publics.

Se déplacer dans cette ville est devenu une préoccupation majeure de tous les citoyens, de ce qui est en passe de devenir une mégalopole !

 Quand le Lieutenant-Gouverneur Noel BALLAY a pris fonction comme Gouverneur de la Guinée Française, le site de l’île Tombo à la fin du 19èmeSiècle fût choisi pour abriter les différentes administrations. Ce site se résumait dans l’actuelle commune de Kaloum sans plus. Cette surface renfermait : Le camp militaire Mangin, la prison civile, le Palais du Gouverneur, un collège pour garçons, un collège pour jeunes filles, deux écoles primaires de 12 classes celle du Centre et celle de Tombo.

Les déplacements se résumaient dans ce quadrilatère où tous les services essentiels étaient concentrés, le colon contrôlait tout ! La Camayenne, Moussoudougou, Limbanta, Cameroun, Koléah constituaient la proche banlieue de Conakry.

Au lendemain de l’indépendance de la Guinée, les autorités d’alors ont alors mis en chantier un service de transport public avec des bus ‘’made in Hongrie’’ à la satisfaction des usagers. En tout deux lignes qui desservaient respectivement Ratoma et l’aéroport de Gbessia avec pour terminus commun le port de Conakry où il y avait un garage et un parc bien achalandé disposant de pièces de rechange et des coopérants hongrois. Conakry n’avait pas les dimensions aujourd’hui et tout se passait assez bien pour les usagers. A cela s’ajoutaient les opérateurs informels avec des moyens hétéroclites composés des rebuts de cars qu’on désignait tantôt ‘’alakabo’ ou un vieux tortillard mythique le ‘’tanka’’ que gérait l’Office Nationale des Chemins de Fer de Guinée, avec plus ou moins de bonheur avec pour terminus …..Dixinn-gare ! Ce train qui serpentait à travers les actuelles communes de Kaloum et de Dixinn était hors d’âge et tirait des voitures brinquebalantes sans aucun confort et surtout sans garantie de sécurité. Et les transports publics ou informels allaient cahin-caha au gré du hasard dans le plus grand désordre matériel et moral.

A travers les âges les Guinéens se sont rendus compte que le devoir d’organiser les transports publics n’étaient nullement à l’ordre du jour dans l’agenda des gouvernements successifs à la suite de la disparition des T.U.C. et de la SOGETRAG mort-née dans une ambiance de confusion généralisée, tant et si bien que l’informel a été ressuscité avec l’invasion des nouveaux ‘’magbanas’’, des engins qui ne sont pas faits pour le transport des hommes mais du matériel et des marchandises !

Au jour aujourd’hui des bus rouges achetés d’occasion sur les marchés en Turquie et ailleurs mis en exploitation à la faveur d’une augmentation du prix du carburant estampillés ‘’ Albayrak’’ ‘sillonnent les artères de Conakry sans pour autant satisfaire les habitants qui se lèvent aux aurores pour vaquer à leurs occupations. Souvent aux antipodes de leurs domiciles. Depuis ces lointaines années de pionnier, la ville a grandi et s’étend sur près de quarante kilomètres, des villes comme Coyah et Dubréka sont devenues les proches banlieues de Conakry !

Les pouvoirs publics gagneraient à innover dans la desserte de ce qui est devenue en l’espace d’un quart de siècle une mégalopole en explorant toutes les pistes de solution même maritimes et fluviales, ce qui ne devrait pas à priori poser de problèmes si la volonté politique l’accompagne !

Nous avons été éberlués ces derniers temps quand des responsables du département des transports nous ont exhibé des pièces de musée achetées à prix d’or en Suisse et qui serviraient à court terme de locomotives et de wagons de trains qui desserviront sous peu l’axe Dubréka-Km 5 -Port de Conakry.

Dans le domaine du transport ferroviaire, l’exploitation de ‘’l’Express de Conakry’’ n’honore nullement les responsables de ce ‘’bijoux’’ qui appartenait dans un premier temps au ‘’Fonds International Chinois’’ qui avait un deal avec la Guinée. Sa gestion est tout simplement calamiteuse ! Aucun soin n’est apporté à son fonctionnement, tout le matériel est laissé pour compte, les écrans vidéo sont hors d’usage, les fauteuils sont complètement défoncés dans leur contenu aucune équipe de nettoyage dans les différentes voitures, des toilettes également hors d’usage et la puanteur est perceptible dés qu’on met pieds dans ce qui fût une fierté dans la sous-région.

A cela s’ajoute son mode d’exploitation qui est une aberration monumentale, aucune prévision dans les jours et les horaires de l’arrivée ou du départ du train qui relie sur 36 kilomètres le village de Kagbélén au Petit Bateau dans la commune de Kaloum.

La façade visible de l’Express de Conakry n’est pas du tout reluisante elle sent la négligence de ses exploitants qui ne lui apportent aucun soin d’embellissement, aucune couche de peinture depuis une bonne dizaine d’années que roule ce train.

Les déboires de ce train qui roule à l’improviste s’arrêteront-ils un jour, à quel prix ! ?

 Le dernier train de Conakry sera-t-il un jour à l’image de bien d’autres un outil utile et indispensable pour le progrès de la Guinée et des Guinéens ? Tout est question de volonté politique.

       Samba TOURE

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