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Guinée : Année zéro !

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Un peuple est libre quand il est réglé par des lois. A cette aune hélas, certains peuples africains sont encore dans les fers. Comme le montre régulièrement certaines actualités, notre culture politique est restée au stade de régime anarchique qui continue de régenter certains pays depuis la disparition des pères-fondateurs.

La loi, justement devrait être durcie en matière de corruption et de mal-gouvernance, l’exemple très patent de hauts fonctionnaires et de bien d’autres commis qui étaient naguère intouchables dans certains pays du Nord nous a été donné de manière magistrale dans un pays qui est déjà émergent ! Luis Ignace Da-Sylva puisqu’il s’agit de lui, ancien Chef d’Etat du Brésil a été condamné à …9 ans de prison ! Quelle infamie dira-t-on dans les salons feutrés de certaines dictatures mal éclairées de républiques bananières, comme on en connait. Les magistrats brésiliens ont démontré avec panache et détachement, l’indépendance vraie de leur corporation. D’ailleurs dans les grandes démocraties comme aux Etats-Unis, cela relève de la banalité. Les commentaires entourant l’arrestation de D.S.K. à New-York dans un avion en partance pour Paris sont suffisamment éloquents pour appréhender la place de l’ordre et de la justice dans un pays régi par des lois !

On ne pouvait qu’être frappé par la fausse commisération manifestée par une certaine classe de Français : tout pour D.S.K., rien pour Nafissatou Diallo une pauvre négresse sans défense quand les images du patron du F.M.I. ont crevé l’écran avec des menottes aux poings. Aux États-Unis, ce spectacle est en fait parfaitement cohérent et est fondé sur l’idée que la règle est la même pour tous !

La grande majorité des Africains ne demande que justice. Une justice impartiale, car l’obligation de rendre des comptes est un volet majeur de la bonne gouvernance. L’efficience et l’efficacité afin de permettre aux administrations publiques de satisfaire les principes de neutralité, de continuité et éviter les abus de biens sociaux, la corruption.

A l’orée d’une année électorale de tous les dangers et dans un déballage digne des plus sombres heures et de manigances de régimes aux abois la presse guinéenne nous a habitué depuis quelques temps à des images d’actualité et autres déclarations qui rendent perplexes tout homme bien-pensant qui ne saura que dire ou choisir tant les affirmations et accusations sont graves !

Le département de la Fonction publique est éclaboussé par des accusations de faux et d’usage de faux, la classe politique n’arrive pas à se mettre en rangs pour organiser des consultations majeures, législatives et présidentielle à quelques mois d’intervalle et pour couronner le tout un faux-débat sur la Constitution occupe tous les esprits à gauche comme à droite.

Nous rappelons aux dirigeants actuels que le peuple guinéen manque de l’essentiel de ce qui devrait constituer une source de fierté et de dignité et qu’il est du devoir des responsables de lui donner, au lieu de s’époumoner dans des débats inutiles sur une Charte que les trois quarts des citoyens ne comprendront pas.

Une population préoccupée par son quotidien, serait bien reconnaissante de ses dirigeants, qu’ils lui facilitent l’existence déjà bien difficile depuis bientôt 10 ans, d’un pèlerinage douloureux qu’elle espère achever à l’orée de l’année 2020 !

Samba TOURE

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