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Le mouvement migratoire SUD-NORD.

Une très longue histoire ………

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Une très longue histoire ………

L’histoire des migrations des hommes est aussi vieille que l’apparition de l’homme sur la Terre, la seule planète du système solaire qui soit habitable, du moins jusqu’à preuve du contraire !

’Star 21’’ la télévision du 21ème Siècle commence sur son site web de publier des réflexions et des analyses de sommités sur le phénomène migratoire sud-nord qui préoccupe particulièrement les Africains au premier chef, depuis des décennies déjà et tient l’opinion internationale en haleine.

Depuis YALTA à l’heure où les puissances coloniales se sont partagé l’Afrique qui ont succédé aux cargaisons de bateaux négriers qui transportaient ‘’du Bois d’Ebène’’ vers le Nouveau-Monde à nos jours les relations étaient disons-le empreintes d’un certain    paternalisme, cela a duré pour certains près de Quatre Cents ans !

La douloureuse histoire de l’Afrique continue de nos jours dans le sens Sud-Nord.

C’est sur cette brulante actualité que nous avons choisi de nous pencher, pour rappeler aux uns et aux autres de nos lecteurs et internautes l’histoire vraie des migrations à travers les âges.

 

Samba TOURE 

 

      

 

 

 

Une tragique invasion à rebours !

 

 

 

Plutôt que de s’en prendre au point de chute, il vaut mieux regarder où l’on a trébuché !!

 

 

Un ancien colonisé peut-il logiquement être traité d’envahisseur par son ancien colonisateur? Au lecteur et aux internautes d’en juger en toute sérénité.

 

Il était une fois, il y a longtemps, très longtemps, des peuples lointains vivaient en paix, en parfaite communion avec la nature. Ils menaient une existence relativement facile. Il leur suffisait de déterrer des racines, des tubercules pour se nourrir à satiété. Avaient-ils envie de boire ? Un marigot, une rivière, une liane de la forêt voisine, leur offraient de quoi étancher leur soif. C’était pour ainsi dire, la paisible « ère bio » avant la lettre. L’on avait le sentiment d’habiter une planète aux dimensions illimitées. Tout paraissait au beau fixe, dans un monde fait d’interdépendance et de solidarité naturelle. Le grand était indissociablement lié au petit. Le beau impliquait son contraire. La vérité supposait l’existence du mensonge. En   bref, le monde tout entier semblait reposer sur des équilibres de base immuables.

 

L’univers a profondément changé depuis. Les équilibres de base ont été rompus. La solidarité internationale fut battue en brèche par l’être humain, mû par son contingent d’innombrables et insatiables besoins. C’est ainsi que naquit l’incontrôlable principe individuel du toujours plus, fondé sur la primauté économique, au grand dam de la planète entière. Imperceptiblement mais irréversiblement, l’homme devenait un loup pour l’homme, voire pour l’univers entier. « Homo homine lupus est ». Et Assani Fassassi, dans son livre intitulé : Sursaut de l’Afrique qu’on achève, traduit assez bien ce qui s’est passé, à travers ces propos d’Aurelio Peccei, alors président du Club de Rome :

« Economie, combien de sottises, même économiques, avons-nous faites en ton nom ! Pour lire dans  tes secrets nous avons mobilisé le meilleur de nos talents. Pour suivre les caprices de tes humeurs changeantes, nous n’avons pas hésité à te donner le meilleur de notre temps. Et pour obtenir, tes faveurs nous avons sacrifié bien de choses chères et de nobles propos. Mais maintenant, nous commençons à nous apercevoir dans quelles illusions, maîtresse trompeuse, tu nous  as enlisés, quels pièges tu as tendus à tous ceux qui t’ont idolâtrée. Même si elle était plus sobre, combien plus riche serait notre vie si nous nous étions consacrés, avec la même ferveur, à la spiritualité, à la communion avec la Nature, à la compréhension humaine.

« Il faut nous réveiller à la dure réalité que l’économie « moderne » nous a trahis. Tant au point de vue de la théorie que dans ses performances, l’économie est entrée en dissonance avec les intérêts fondamentaux de l’humanité[1] ».

 

Prolifiques, ces peuples lointains connaissaient des taux de natalité élevés de l’ordre de 4%. Mais la nature généreuse, encore elle, intervenait sans trop de désordre, pour rétablir un certain équilibre par une mortalité tout aussi élevée. Les maladies, les calamités répétées, les guerres intestines… ne mirent jamais dangereusement en cause l’existence des communautés considérées. Elles avaient toujours des solutions alternatives à la plupart des problèmes qu’elles avaient à résoudre.

Un jour, pourtant, alors qu’un village tenait sa réunion coutumière sous le grand fromager, arbre à palabre vénéré de tous, on vit arriver un homme aux « oreilles rouges ». Regardez ! s’écria-t-on dans la foule. Le diable fait son apparition. C’était un homme blanc, devait-on apprendre par la suite. Il était visiblement exténué et mal vêtu. Il paraissait agacé par des mouches qui tournoyaient autour de lui, un peu trop « chaleureux » et trop entreprenants dans leur accueil.

Un diable ! s’écria-t-on de nouveau dans la foule ahurie et surprise.

Non! Non ! répliqua le patriarche de l’assemblée. C’est un étranger. Comme tel, nous devons plutôt tout faire pour lui réserver le meilleur accueil, l’hospitalité habituelle. Vous voyez bien, poursuit-il, qu’il a la peau fragile. Il n’a certainement pas l’habitude de vivre parmi des gens comme nous, dans les conditions qui sont les nôtres. Il vient probablement de très loin. Il ne semble pas pouvoir supporter durablement les conditions d’existence qui sont les nôtres. Occupons-nous donc de lui de la meilleure façon possible. Il y va de notre honneur et de la réputation hospitalière de notre pays, voire du continent africain. Il faut que cet étranger soit bien logé pendant tout son séjour parmi nous. Il faut toujours aider son semblable. C’est un principe élémentaire de l’existence humaine. La marque indélébile d’une indispensable solidarité naturelle dont dépend le bonheur de l’être humain. Des symboles nous interpellent sans cesse dans ce sens. ‘Nombre d’érudits en islam  s’en font de fervents porte-paroles. Selon eux, Dieu a créé les  êtres humains, les végétaux et les minéraux dans un esprit d’interdépendance. Ce principe sacré de solidarité s’appliquait à la fois à toutes les créatures.

Sitôt dit, sitôt fait. La foule interrompit sa réunion et se dispersa. Peu de temps après, des cadeaux de bienvenue arrivèrent de partout : noix de colas, plat de riz épicés, poulets sur pied, bouilloire et natte de prière, vin de palme, cauris, statuettes devant veiller sur l’étranger, etc.

Les chefs de  familles, les chefs de clans, les notables, le chef de village lui-même entendaient ainsi manifester leur sympathie au visiteur. Le chef de village délégua le plus illustre des maitres de la parole et exprimer  ses sentiments d’amitié et de respect pour cet inconnu qui vient de nulle part.

 

Des jours passèrent ainsi ; puis des mois, des années… D’autres étrangers semblables au premier visiteur se succédèrent sans discontinuer. Certains restaient plus longtemps que d’autres. Tous, dans un premier temps, paraissaient bien aimables et respectueux des us et coutumes de leurs hôtes qu’ils observaient avec la plus grande attention.

 

YAGUINE et FODE, vingt ans déjà !

 

Dans notre quête des repères qui ont fondé l’histoire des migrations entre les différents peuples nous avons à ce jour un devoir de mémoire à partager avec ceux qui nous lisent.

Il y a vingt ans déjà que deux jeunes guinéens sont rentrés dans l’Histoire des migrations.

Il s’agit de FODE et de YAGUINE morts dans le train d’atterrissage d’un avion de la SABENA. Deux décès qui ont ému …. La planète entière. Nous ne reviendrons pas sur cette pathétique odyssée mais la fausse commisération des pays nantis par rapport au reste du monde !

Depuis cette date tragique, rien n’a changé dans les rapports entre l’Europe et l’Afrique, tant et si bien que les migrations ont pris une tournure plus dramatique. C’est par milliers que les jeunes Africains s’en vont mourir dans les eaux de la Méditéranée.

On se croit revenus au temps de l’esclavage, quand les navires négriers jetaient pas dessus bord les cadavres de ceux qui ne résistaient pas aux conditions inhumaines de la traversée vers le Nouveau Monde !

Des envahisseurs!

Au fil du temps, de scénario en scénario, nos visiteurs aux apparences aimables et douces finirent par se découvrir sous leur vrai visage : celui d’envahisseurs. Le premier d’entre eux qui fut interrogé sur son identité répondit avec arrogance : je m’appelle Calcul. Jean Profit Calcul. Je viens des pays de La Civilisation. Ma mission est de civiliser les peuples barbares que vous êtes. Car vous avez « les cheveux si crépus, le nez si épaté et les lèvres si épaisses qu’on a du mal à croire qu’un sang humain circule dans vos veines ».

La surprise et l’indignation consécutives à ces propos n’eurent pas de conséquences immédiates sur l’attitude des indigènes concernés. Les règles sacrées de l’hospitalité ajoutées à leur ignorance de l’arrivant leur commandaient de tout faire pour comprendre et aider cet étranger qui s’était peut–être trompé de chemin. Grave erreur ! Très grave erreur ! Ce fut sans doute le premier faux pas de l’Afrique dans son innocente ouverture à l’autre. C’était l’amorce d’un assujettissement et d’une spoliation qui perdurent encore sous des formes légèrement différentes.

L’étranger n’était, en effet, qu’un envahisseur. Il usa de tous les moyens pour inspirer confiance aux notables de la place. On lui  attribua gratuitement une parcelle où il bâtit sa maison. Ensuite il parvint à entrer secrètement dans les faveurs des femmes indigènes. De ces liaisons naquirent de nombreux métis. La plupart de ceux-ci portèrent le nom de leurs mères. Leurs pères ne les avaient pas reconnus. Cela était hors de question. Comment pouvait-on rendre officielle une nouvelle aussi« infamante » que la liaison intime d’un homme « civilisé » avec une femme « sauvage aux odeurs si repoussantes » ?

Pour soustraire à la vue « ces produits gênants » qu’étaient les métis, on les parqua d’office dans des foyers dits de métis. Boffa, Boké, Kankan, Mamou et bien d’autres centres à travers le continent africain devinrent célèbres pour leurs foyers de métis.

Et l’étranger n’entendait absolument pas en rester là. Il décida, en accord avec son pays, au mépris des indigènes, de s’emparer des vastes et belles étendues verdoyantes de terres pour s’y installer durablement et les exploiter à son seul profit. Il fallait bien mériter son nom ! Nul besoin de consulter les autochtones dont la qualité d’êtres humains n’était point évidente pour tout le monde. « Ils avaient, disait-on, les cheveux si crépus, le nez si épaté, les lèvres si épaisses qu’on a du mal à croire qu’un sang humain circule dans leurs veines »[2].

C’est ainsi que les meilleurs sites du pays des « barbares » devinrent propriétés du « diable ». Et plus le pouvoir de ce dernier s’étendait et se consolidait, plus il avait envie de l’accroître.

Pour avoir ainsi acquis puissance et richesse, l’étranger en vint à une idée de « génie » : conquérir la contrée entière. La transformer à sa convenance et en faire son domaine réservé. Tous les moyens étaient de mise à ce dessein. Tromperie, mensonge, corruption, force brutale, etc. Razzia, travaux forcés, impôts iniques en nature et en valeur, négoces y compris l’ignoble traite des esclaves… firent leurs effets pendant de longues et riches années d’invasion et d’occupation coloniale. Le pays de Calcul en fut à la fois l’auteur et le bénéficiaire exclusif et prospère. Les premiers résultats ainsi obtenus encouragèrent l’étranger à en faire davantage. Machiavel et le Prince aidant, l’étranger décida unilatéralement ou sur la base de fausses conventions, d’étendre sa domination aux habitants et aux ressources des pays d’accueil. Pis encore! Pour éviter ou atténuer les méfaits d’inévitables conflits d’intérêts, entre eux, les envahisseurs se réunirent à Berlin en 1884-1885, pour se partager une « tarte Afrique », qu’ils n’ont  guère fabriquée. Voici un témoignage éloquent de la manière dont cela s’est passé : « Au nom de Dieu Tout puissant.

« Sa majesté l’Empereur d’Allemagne, Roi de Prusse ; sa Majesté l’Empereur d’Autriche, Roi de Bohême, etc. et Roi apostolique de Hongrie ; sa Majesté le Roi des Belges ; sa Majesté le Roi de Danemark. Sa Majesté le Roi d’Espagne ;le Président des Etats-Unis d’Amérique ; le Président de la République française ; Sa Majesté la Reine du Royaume-Uni de la Grande Bretagne et de l’Irlande du Nord, Impératrice des Indes ; Sa Majesté le Roi d’Italie ; Sa Majesté le Roi des Pays-Bas, Grand-Duc du Luxembourg etc… ;Sa Majesté le Roi du Portugal et des Algraves ; etc. ; Sa Majesté le Tsar de toutes les Russies ; Sa Majesté le Roi de Suède et de Norvège ; etc. ;Sa Majesté l’Empereur des Ottomans.

« Voulant régler dans un esprit de bonne entente mutuelle, les conditions les plus favorables au développement du commerce et de la civilisation dans certaines régions d’Afrique et assurer à tous les peuples les avantages de la libre navigation sur les deux principaux fleuves africains qui se déversent dans l’Océan Atlantique(le Congo et le Niger), désireux, d’autre part, de prévenir les malentendus et les contestations que pourraient soulever à l’avenir les prises de possessions nouvelles sur les côtes de l’Afrique, préoccupés en même temps des moyens d’accroître le bien-être moral et matériel des populations indigènes, ont résolu sur l’invitation qui leur a été adressée par le Gouvernement Impérial d’Allemagne d’accord avec le gouvernement de la République française, de réunir à cette fin une Conférence à Berlin [3]»

 De ce découpage arbitraire naquirent soudain plusieurs « Afriques » irréversiblement et hermétiquement isolées les unes des autres par des frontières artificielles et portant les noms respectifs de leurs nouveaux propriétaires. Afrique française, Afrique anglaise, Afrique portugaise, Afrique belge, Afrique italienne, Afrique allemande, etc. Pour y parvenir, il fallut  bien entendu, s’appuyer sur de petites minorités d’autochtones. On prodigua à celles-ci les « bonnes manières de La  civilisation importée ».On leur inculqua, par exemple, un rudiment d’instruction leur permettant de comprendre, exécuter, faire exécuter ou transmettre les ordres du colonisateur. Ces indigènes complices malgré eux devinrent très rapidement de précieux collaborateurs de l’envahisseur blanc pour la suite du programme d’occupation de ce dernier. C’était l’amorce de profondes mutations sociales aux conséquences néfastes et incalculables pour l’Afrique.  Des familles régnantes qui n’ont pas voulu se soumettre aux envahisseurs furent traitées de criminelles et de sanguinaires. Elles furent ensuite combattues, destituées, voire déportées, pour être remplacées soit par leurs sujets d’antan, soit par des hommes plus fidèles aux envahisseurs blancs. Les nouvelles structures ainsi mises en place devinrent d’intarissables sources de conflits d’intérêts entre Blancs et Africains d’abord, entre Africains ensuite. L’école  laïque ou catholique, une création de l’étranger, y joua un rôle déterminant. Elle fut tout  d’abord le lieu privilégié de hiérarchisation entre les valeurs autochtones et celles importées. Elle fut ensuite le lieu d’une acculturation systématique. Elle fut enfin le lieu d’extension d’un enseignement rapide, rigoureusement sélectif et minutieusement contrôlé. D’autant plus rapide qu’elle passait par la pédagogie du fouet, de la corvée et du symbole. Ce dernier cas consistait à interdire aux élèves tout usage de la « langue maternelle » en faveur de la langue de l’envahisseur. Seule  la langue de Calcul était autorisée. Pour bien faire, enseignants et programmes étaient inspirés du pays de l’envahisseur. Les résultats obtenus sur l’ensemble des pays occupés furent considérables. Par exemple, on introduisit dans la société africaine d’alors une division entre le manuel et le spirituel au détriment du premier. Une distance sans cesse grandissante naquit entre l’intellectuel et le non intellectuel, la ville et la campagne, la théorie et la pratique dans une Afrique Jusqu’alors ignorante de toutes ces formes de divisions. Avant la colonisation, en effet, l’apprentissage impliquait simultanément la théorie et la pratique. Les deux aspects de la formation étaient indissociablement liés. C’est cette liaison de l’école à la vie qui générait ce que nous appelons aujourd’hui compétence. Son absence de tout système éducatif aboutit à la formation d’un nombre croissant de chômeurs. C’est-à-dire d’hommes et de femmes théoriquement instruits mais inaptes à transformer positivement leur environnement dont ils ont été coupés par le système éducatif importé.

 

Mais le pays de « La Civilisation » en demandait plus encore ; toujours plus, notamment pour défendre sa liberté.

 

Des « indigènes sauvages », combattants de liberté ! Curieux Non ? L’on a bien du mal à y croire! Et pourtant!

C’est pourtant ainsi, en effet, que les plus valides des jeunes indigènes africains qui ne passaient pas par l’école furent enrôlés de force dans l’armée de l’occupant[4]. On les embarquait pour les conduire loin, très loin, vers des pays inconnus, sans le moindre espoir de retour dans leur famille. Des noms célèbres et des endroits réputés en sont encore témoins[5]. Sur les lieux d’accueil, on leur remettait « de curieux machins qui crachaient du feu quand on appuyait dessus.» Tout cela émerveillait ces braves « sauvages » expatriés malgré eux.

Un jour, oh paradoxe ! Les hommes « civilisés » commencèrent, malgré les précautions de Berlin, à se battre entre eux. Il y eut beaucoup de cadavres.

On y fit participer les soldats importés sous le nom générique de « tirailleurs sénégalais ».Ainsi appelés d’une part, parce que le Sénégal abritait la capitale de l’ensemble des colonies françaises. D’autre part, parce que ces soldats étaient choisis de manière à ce qu’ils ne puissent pas se comprendre pour  entreprendre une éventuelle action commune. Ils s’exécutèrent avec tellement de courage et de bravoure qu’on décida désormais de les envoyer systématiquement en grand nombre et en première ligne des combats. Au front quoi. C’est ainsi que pendant plusieurs années, un nombre considérable d’Africains périrent au pays des Blancs sans trop savoir pourquoi. Plutôt si. Il paraît qu’ils combattaient, ironie du sort, pour libérer « leur patrie » de l’occupation étrangère.

Quoiqu’il en soit, la guerre tourna finalement en faveur du pays de Calcul. On parla beaucoup, on parle encore aujourd’hui, des nombreux soldats de ces guerres meurtrières. De nombreux soldats blancs en furent félicités. On en décora un très grand nombre. On en décore toujours en reconnaissance des services rendus à la mère patrie. On inscrivit leur nom partout. Bateaux, places publiques, rues, fêtes nationales, trains, etc. en sont des témoins permanents. On mit leurs photos dans beaucoup de livres que le « sauvage » ne pouvait pas lire. Quelle mémoire sélective, n’est-ce pas ? Mais au fait et les « tirailleurs sénégalais » ? Que sont-ils devenus dans tout cela ? Savez-vous comment on remercia certains d’entre eux à Thiaroye? Alors qu’ils réclamaient légitimement ce qu’on leur avait promis sur les champs de bataille? On les massacra purement et simplement un matin de bonne heure. Belle récompense  de la part du pays de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1789 ! Pas vrai ?

 

A suivre…..

[1] Assani Fassassi, Sursaut de l’Afrique qu’on achève, édition El Qalam

[2] Propos attribués à un célèbre député français partisan du maintien de l’esclavage.

[3] Berlin, le 26 février 1885, conférence « africaine » citée par Assani Fassassi, p. 25.

[4] On raconte qu’un jour, des recruteurs étrangers se présentèrent devant deux frères de même père et de même mère pour y choisir un futur soldat. L’aîné des deux frères était tellement effrayé par l’idée d’incorporation qu’il rusa aux dépens de son jeune frère en lui posant une fausse double question de la manière suivante. Petit frère, dit-il, nous avons un problème. Un d’entre nous doit partir à l’armée. Serais-tu d’accord que je reste toi tu pars ? Ou bien veux-tu partir moi je reste ? Le jeune frère répondit courageusement : Grand frère occupe-toi de notre famille moi je vais partir.

3 Il en est ainsi de Gnara Gbély, des villages de Farenya, de Dominya, de Bambaya, etc.

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