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Sonfonia : Le calvaire des usagers de nos routes.

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Sonfonia en périphérie de Conakry est  à l’image des autres quartiers de la capitale guinéenne. Les habitants de cette cité vivent au quotidien un calvaire, les voies de communication datent de plus de dix ans et sont devenues impraticables par endroit. D’énormes nids de poules sont visibles et les usagers des différentes voies jonglent avec les obstacles qui constituent autant de raison de cauchemar. Où est passé l’Etat dans toute cette souffrance ?

En ce mois de pénitence,  dans une chaleur étouffante, contrairement à la -l’école Africof nous avons été témoin des épreuves que subissent au quotidien aussi bien les usagers de la route que les piétons pour faire quelques pas dans ces routes défoncées et inondées de Sonfonia.

Durant notre odyssée nous avons eu le privilège de rencontrer le chef de quartier de Sonfonia Centre 2, Docteur Thierno Souleymane BAH. Il nous déclara par la suite :

« Cette route dessert cinq (5) quartiers dont Sonfonia centre I, Gare I, Sonfonia centre II, Gare II et Samatra. La route est un lieu d’échange, mais  la nôtre est complètement dégradée et non praticable, c’est à peine si les voitures et les motos arrivent à circuler. Vue l’urgence du problème, nous avons écrit au ministère des travaux publics. Ainsi on va poursuivre la lettre et nous allons former une délégation pour voir le ministre de ce département pour qu’ensemble on trouve une solution à ce problème dont souffrent les habitants de ces quartiers ».

Il ajoute « Les conséquences sont énorme, le mauvais état des routes entraine très souvent des accidents de circulation et parfois même le banditisme. Parce que souvent les citoyens se font voler de l’argent et autres objets ».

Plus loin le premier responsable du quartier révèle « il fut un moment où l’Etat avait financé les travaux de réhabilitation qui avaient débuté. Cela faisait partie des promesses de campagne du président de la République. A l’époque  Oumou Camara ministre en charge des travaux publics avait fait le déplacement dans notre quartier. Mais Il semble que les travaux sont bloqués pour des raisons de trésorerie évaluée à près de deux milliards de francs guinéens répartis  entre la SEG et la société qui a signé le contrat. Selon certaines informations que nous avons recueillies sur place la pose d’un tuyau de la SEG a empêché la continuation du chantier».

Suite à cet entretien nous continuons notre enquête sur cet état de fait, ici notre interlocuteur est une femme, elle s’appelle Amie SOUMAH, cette brave est très amère, elle nous raconte : L’état de cette route nous a beaucoup fatigué, chaque année nous nous rassemblons pour mettre de la terre sur la route afin qu’elle soit un peu praticable. Mais une fois que la pluie tombe, tous nos efforts deviennent vains. Donc nous demandons au gouvernement de nous venir en aide. Car, la population ne peut pas faire le boulot qui revient à l’Etat. »

Les chefs de quartiers ne sont pas les seuls à s’inquiéter, aussi bien les membres de la société civile, les syndicats, les jeunes, les sages, tous les acteurs locaux ont aussi  élevé leurs voix  pour qu’enfin le cauchemar des riverains de ces routes aient enfin la paix du cœur et un repos bien mérité.

Les transporteurs et leurs syndicats qui gèrent ces tronçons de route ajoutent leur complainte à celles des élus, c’est  ainsi que El-hadj Mory KABA chef de ligne du syndicat de la Casse-Sonfonia nous déclare :

«Entre Sonfonia-Gare et Casse, et entre Casse et Samatara, la route est complètement dégradée au point d’être impraticable. Il y a nombres d’obstacles entre autre des trous béants et des gravats qui endommagent nos véhicules et cette situation nous fatigue, nous sommes souvent aux garages pour réparations diverses. C’est dans ce boulot de chauffeur que nous gagnons notre vie. Ainsi nous demandons à l’Etat beaucoup plus de service pour subvenir à nos besoins ».

   Les routes de Conakry, particulièrement celles de cette haute-banlieue sont laissées pour compte et ne bénéficient nullement des attentions que l’Etat prodigue à celles de la presqu’ile de Kaloum, c’est pourtant l’une des portes de la capitale guinéenne, qui méritent un peu plus d’égards.

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